Jean

 

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Bonjour je m’appelle Jean et j’ai 21 ans. Je viens de la Suisse. Je suis entré en Communauté à Lourdes quand j’avais 17 ans. Je viens d’une famille qui m’a transmis certaines bases de la foi, mais déjà ver 8 ans, je recherchais beaucoup l’attention à l’école. À la maison j’enviais l’attention que recevaient mes sœurs alors je jouais au cancre donc en plus d’avoir l’attention des autres, j’avais celle de mes parents qui prenaient du temps pour essayer de me faire comprendre les matières. Je sentais que l’attention, le regard des autres remplissaient quelque chose en moi et je pensais que là était la vraie joie.

Quand j’avais 10 ans les miens se sont séparés violemment et ce jour-là beaucoup de questions me passèrent par la tête, dont une particulièrement : À quoi bon vivre ?? Je prenais conscience que s’il n’y avait pas quelque chose de plus grand, quelque chose en plus pour remplir cet énorme vide, la vie ne servait vraiment à rien. À partir de ce moment j’ai commencé à remplir ce vide avec tout ce qui me passait sous la main ; je me tuais à petit feu. J’avais 17 ans et à l’intérieur de moi c’était la ruine totale, je n’avais plus d’espoir... Le mot, l’image de l’amour ne me rappelaient que des souffrances. J’aurais dû rentrer dans une autre communauté non-chrétienne et au dernier moment un ami de mon père lui a parlé de Sœur Elvira : Elle peut sauver ton fils. Et c’est là qu’a commencé cette belle aventure.

Jean3J’étais sûr de m’échapper, je l’avais déjà fait une fois et je pensais avoir compris mieux que les autres... Je n’aurais jamais pensé rencontrer l’amour, lequel m’a fait rester ici et qui, encore aujourd’hui, me donne la force de dire encore « OUI » malgré les difficultés quotidiennes : que quelqu’un se soit abaissé  devant moi pour servir, ait été capable de mordre sur sa chique les fois où je lui répondais mal, ait été patient, à l’écoute et surmontait ses peurs quand il fallait me faire remarquer mes erreurs en les souffrant avec moi. Parce que cela me manquait autrefois de voir papa ou maman rester avec moi durant mes devoirs, ou mes punitions quand je me trompais, j’avais besoin de sentir cet amour gratuit qui ne prétend rien en retour et j’en ai reçu une montagne ici en Communauté. Au début, je n’arrivais pas à l’accepter  parce que j’étais blessé par l’amour et ce mot ne m’inspirait pas la joie mais plutôt la division mais à l’intérieur de moi le Seigneur remuait les choses pour qu’un jour, moi aussi j’ouvre les yeux.  Et ça n’a pas manqué...

jean4J’ai commencé à voir dans les petites choses que la seule manière pour remplir ce vide était de partager quelque chose avec mon prochain gratuitement : un partage, même en travaillant, demander pardon, rire avec quelqu’un parce que là vraiment, je laisse une porte ouverte à Jésus dans ma vie. Et si je ne prenais pas mes forces devant Jésus à genoux dans la chapelle, sortir de moi-même devenait impossible parce qu’avec mes propres forces je n’y arrive pas... J’ai besoin de Dieu.

Cela m’arrive encore, ces moments où je diminue mon rythme de prière, je commence à m’appuyer de nouveau sur mes forces et peu de jours suffisent pour que j’aie plus de mal avec les autres et me sente comme vide : c’est mon signal d’alerte qui m’invite à revenir à l’essentiel, devant l’Unique qui remplit vraiment. Quand j’étais petit je me posais la question : à quoi sert Dieu dans ma vie ?? Qu’est-ce qu’il me donne en plus au quotidien ? Et devant cette question sans réponse c’était pour moi impossible de croire. Au contraire aujourd’hui, je peux dire que je me sens libre et joyeux parce que le mot ‘’AMOUR’’ ne me fait plus peur, il est même devenu le seul moyen de m’approcher de Jésus, Lui qui me parle à travers les autres... Je peux dire que j’ai finalement trouvé un sens à ma vie.

Jean