Caroline

 

Carolina frBonjour, je m’appelle Caroline et je suis française. Je suis entrée au Cenacolo à l’âge de 29 ans, à Lourdes. J’y suis arrivée pour des problèmes de toxicomanie, sans être vraiment consciente d´avoir des problèmes. Aujourd’hui, après 5 ans de chemin, j´en ai pris conscience et surtout, j´ai commencé à me connaître. Je peux remercier avant tout mes parents qui ont toujours été présents, au-delà de plusieurs tentatives pour m´aider et que j´avais toujours refusées. Je me rends compte d’avoir été une personne très égoïste. Pour moi, la vie devait être un divertissement, j´étais très loin de la réalité. Pendant plusieurs années, j´ai mené une double vie, entre le travail et la maison où tout devait sembler parfait et de l´autre côté avec les amis où là, la vraie Caroline laissait paraître son vrai visage. Le plaisir passait avant tout et avant tout le monde. Je suis arrivée au point où j´ai perdu tous mes amis, qui eux aussi ont essayé de me raisonner et j´étais surtout sur le point de perdre le plus important: ma famille. La personne qui m’a aidée à me décider de faire quelque chose de ma vie, a été mon frère qui est plus jeune que moi. Quand j´ai compris que lui ne voulait plus me voir ni me parler, je pense que pour la première fois j’ai eu un moment de lucidité. J´ai commencé à me rendre compte que je faisais souffrir les personnes les plus importantes pour moi et là, avec une aide de mes parents qui ont accepté de me reprendre à la maison, j’ai décidé d’entrer dans une clinique pour sortir de cette dépendance. Le problème n´était pas la dépendance à l´héroïne, ça c´était déjà la conséquence d’un problème plus profond que je ne connaissais pas encore. Grâce à la Communauté j´ai pu commencer à comprendre qu´il me manquait quelque chose dans la vie et que je cherchais à remplacer tout ça avec tout ce que la société me proposait. En entrant dans la Communauté, j’ai découvert un mode de vie très différent du mien, qui, pour être honnête, a été difficile à accepter et où j’ai eu besoin de pas mal de temps pour laisser mon orgueil de côté et essayer d´ouvrir mon cœur à la prière. La période que j’ai passée à Lourdes a été pour moi une bénédiction. Je pense que la Vierge Marie m´a vraiment accompagnée dans les difficultés et qu’à travers les enseignements de Mère Elvira, elle m´a aidée à devenir une femme plus mûre. Elle a fait naître en moi des désirs et des rêves que je n´avais jamais eus auparavant.
Aujourd´hui je suis en mission au Mexique. Qui aurait pu penser qu’une fille comme moi, avec tous les défauts que je peux avoir, puisse en arriver là ? C´est là que je peux voir que Mère Elvira voit plus loin. Le Cenacolo regarde vraiment le cœur des personnes. Ici en vivant 24 heures sur 24 avec les enfants, j´ai une grande opportunité de mettre en pratique tout ce que Mère Elvira nous a enseigné jusqu´à aujourd´hui: l´amitié, la vérité, la prière et l´éducation. C´est une lutte du matin au soir. Les enfants m´aident à sortir de mon égoïsme. J´apprends à vivre le service comme un don et non comme une obligation. Ils m´aident à renforcer ma persévérance et ma patience. Malgré mes erreurs, les enfants sont les premiers à pardonner et pour moi, c’est vraiment une école de vie. Le pardon réciproque aide à vivre les difficultés avec plus de sérénité. Mettre ta raison de côté pour le bien de l´autre. Ce n´est pas tous les jours facile mais avec l´aide de la prière je trouve la force de lutter. La joie et la satisfaction que je peux vivre ici malgré les difficultés quotidiennes, sont irremplaçables. Je peux seulement remercier toutes les personnes qui durant ces dernières années passées dans les fraternités féminines, m´ont aidée à prendre conscience que la vie n’a pas de prix. J’ai rencontré plus que des amis, j’ai rencontré une famille qui depuis le premier jour m’a aimée telle que je suis, avec tous mes défauts et sans me juger. Et tout cela grâce à un seul père de famille: Dieu !
Merci du fond du cœur à Mère Elvira et à nos prêtres qui sont pour nous des exemples de tout ce qu´ils désirent pour nous. Merci Mère Elvira parce que tu n’as jamais eu peur de lutter et de souffrir pour chacun de nous.

Caroline